Atelier d'orfèvrerie exposant pour la première fois à la Biennale Révélations en 2025, Lauret Studio a été sollicité dans la foulée par le Studio Maxime d'Angeac pour l'Orient Express Corinthian, le plus grand yacht à voiles. Un parcours qui montre comment la biennale réunit créateurs et décideurs autour de projets d'exception.

Certaines rencontres ouvrent des portes inattendues. Pour Lauret Studio, Révélations 2025 a été l'aboutissement d'une série de rencontres. Tout commence en novembre 2024 aux Places d'Or, l'événement consacré à l'hôtellerie de luxe à l'Hôtel Le Meurice, et se poursuit sous la verrière du Grand Palais. Christine Lauret, fondatrice de l'atelier, y voit « une convergence de rencontres dans le temps ».
« Je crois que cette dernière participation à Révélations a été décisive. »
Au lendemain de la biennale, tout s'accélère : plusieurs appels téléphoniques, des rendez-vous, puis une présentation privée des collections à l'équipe de Maxime d'Angeac, l'architecte d'intérieur qui conçoit l'Orient Express Corinthian. Ce voilier se veut une légende en devenir, la vitrine des savoir-faire et de la créativité à la française. L'équipe du chef Yannick Alléno, cliente de l'atelier de longue date et signataire des cartes du Corinthian, avait elle aussi prévenu Christine Lauret.
Le premier brief, d'abord très ouvert, se précise, et le travail commence en février 2026. Pour chacun des artisans d’art conviés, le projet est, selon ses mots, « un challenge. Une énorme responsabilité. Un grand bonheur. Un privilège. »
Dans l'atelier, les pièces prennent forme : un plateau de présentation pour les fruits de mer, un autre pour le caviar. Leur inspiration naturaliste donne naissance à des sculptures qui « cassent les codes de l'orfèvrerie classique tout en s'alliant à elle avec élégance ». La première livraison pour le Corinthian s'achèvera dans quelques semaines. Le chantier se poursuivra jusqu'en 2027, avec la mise à l'eau d'un second voilier.


Les visiteurs curieux viennent découvrir les savoir-faire, et Christine Lauret s'en réjouit. Mais elle observe aussi que de nombreux professionnels, dont des collaborateurs de maisons de luxe, parcourent le salon en toute discrétion, certains avec des projets très précis. Les retours sont rapides, même si tous ne débouchent pas sur des projets immédiats.
Les retombées continuent. Lauret Studio a récemment reçu deux commandes de couverts en plaqué or pour Peter Marino, l'architecte new-yorkais à qui l'on doit notamment Cheval Blanc et le restaurant Monsieur Dior.
Sur le public rencontré au Grand Palais, elle raconte : « Un public varié, souvent professionnel, à la recherche de pièces d'exception dans un lieu remarquable, à Paris. Beaucoup de cases sont remplies en termes de communication, de positionnement. »
Pour elle, l'invitation et le lieu suffisent à eux seuls à installer une image d'exception et à renforcer la notoriété. Elle résume ainsi sa première participation : « Une bouffée d'air frais, un renouvellement de mon image, l'accès à une autre dimension. »
À Révélations, les rencontres décisives ne se voient pas toujours. Elles se font au détour d'un stand, lors d'un échange avec un visiteur qui ne dit pas tout de son projet. Pour Lauret Studio, l'un de ces échanges a suffi : quelques appels le lendemain, une présentation privée, puis l'aventure de l'Orient Express.
La biennale révèle des créateurs, et elle crée aussi les conditions de collaborations d'exception.


