Marqueterie de verre, savoir-faire inédit à mi-chemin entre vitrail et mosaïque, Myriam Hubert s'est révélée à la Biennale Révélations avant de séduire Cartier et Boucheron. Un parcours qui illustre comment la biennale crée de nouveaux marchés pour les créateurs des métiers d'art.

Rien ne prédestinait Myriam Hubert au travail du verre. Née en 1987 à Compiègne (Oise), elle débute sa vie professionnelle dans l’humanitaire avant de découvrir, lors de sa dernière mission au Liban, un univers qui va transformer son parcours. Dans un atelier de mosaïque à Beyrouth, elle observe les gestes précis des artisans et se passionne pour les techniques de taille et d’assemblage de la matière.
De retour en France, elle rejoint en 2013 un collectif d’artisans d’art et développe en parallèle une première ligne de bijoux en verre. Cette expérience lui permet d’explorer les possibilités de la matière et d’affiner une approche fondée sur la précision du geste. Elle retrouve alors son envie première de travailler la mosaïque et entreprend de réinventer les codes du vitrail pour créer un savoir-faire qui lui est propre : la marqueterie de verre.
« Il y a un avant et un après ma première participation à Révélations. Cet événement a permis que mon savoir-faire soit repéré par plusieurs grandes maisons du luxe. »
À mi-chemin entre le vitrail et la mosaïque, cette technique repose sur un assemblage jointif des pièces de verre, sans réseau de plomb traditionnel. Elle offre ainsi une écriture plus fine et plus contemporaine, où la transparence du matériau révèle des jeux subtils de lumière, de couleurs et de profondeur.
Chaque œuvre est entièrement réalisée à la main, à partir d’un dessin conçu spécifiquement pour les propriétés du verre. Myriam Hubert sélectionne chaque feuille pour ses nuances, ses marbrures et sa capacité à capter la lumière, puis taille et assemble minutieusement des centaines, parfois des milliers de fragments avec une précision millimétrique.
La créatrice met également cette technique au service de projets sur mesure, en dialogue avec des univers patrimoniaux et contemporains. Ainsi, grâce à Révélations, elle a notamment collaboré avec Cartier à Melbourne, elle a ainsi travaillé à partir de dessins d’orchidées issus des archives historiques de la Maison. Elle les a réinterprétés dans une esthétique Art déco en tenant compte des spécificités de la marqueterie de verre. Il ne s’agissait pas de reproduire un motif existant, mais de le traduire à travers son propre langage artistique et celui de la matière.


Cette recherche d’équilibre entre patrimoine, innovation et création contemporaine nourrit aujourd’hui chacun de ses projets. Myriam Hubert associe une grande exigence technique à une approche sensible du verre, dont elle révèle la poésie à travers la lumière, les nuances et la finesse des détails.
En 2022, Myriam Hubert participe pour la première fois à la Biennale Révélations.
Cette participation marque une étape importante dans le développement de son atelier. Révélations lui offre une visibilité nouvelle auprès des collectionneurs, décorateurs et grandes maisons, en France comme à l’international. Depuis, elle développe plusieurs projets d’envergure autour de son savoir-faire, notamment avec des acteurs du luxe comme Boucheron ou Cartier rencontrés sur le salon.

Sur le salon, elle rencontre notamment des représentants de Cartier, de Boucheron et d’autres acteurs à la recherche de nouveaux savoir-faire qu’elle n’avait jamais rencontré jusqu’à présent. Ces échanges donnent naissance à des collaborations dont le développement s’inscrit souvent dans le temps long.
« Les projets sont rapidement évoqués après le salon pour voir comment intégrer le savoir-faire dans les créations, mais ils peuvent parfois mettre plusieurs mois ou plusieurs années avant d’émerger. Nous travaillons actuellement sur plusieurs phases de recherche et développement pour différentes maisons, mais certains projets restent encore confidentiels. »



Le parcours de Myriam Hubert illustre ce que Révélations rend possible : transformer une démarche artistique et un savoir-faire singulier en véritable élément à haute valeur pour les grandes maisons. La marqueterie de verre en est l'expression, mais c'est bien la vision de la créatrice que des acteurs comme Cartier ou Boucheron sont venus chercher, pour des projets qui s'inscrivent dans le temps long.
Sa participation à Révélations 2025 l'a confirmé : la biennale ne se contente pas de révéler des créateurs, elle construit des marchés durables pour les métiers d'art.