Ateliers d'art de France présente
FR
EN

Rencontre avec Xavier Brisoux

Vous l’aviez découvert lors de Révélations en juin dernier, Xavier Brisoux, créateur textile et lauréat du Concours Ateliers d’Art de France 2022, catégorie Création sera de retour à la biennale pour dévoiler ses pièces exclusives. Rencontre.


Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

J’ai étudié en Angleterre d’abord à Southampton puis j’ai fait mon master à la Central Saint Martins de Londres. Durant ma dernière année d’études j’ai commencé à travailler pour la créatrice Anne Valérie Hash et j’ai eu la chance, à la fin de mes études, qu’elle fasse de moi le styliste maille de ses collections de prêt à porter et de certaines pièces de défilé pendant huit ans. J’ai ensuite travaillé pour le salon Première Vision pour la partie maille rectiligne. J’ai été styliste maille en freelance et j’ai aussi développé mes propres collections pendant quelques années.

 

Quelle sensation avez-vous ressenti en devenant lauréat du Concours national Ateliers d’Art de France ? Depuis l’obtention de votre prix, qu’est ce qui a changé pour vous ?

J’ai eu l’impression, peut-être pour la première fois, d’être légitime dans ce nouvel axe que j’ai donné à mon travail. Mon objectif est de faire de la maille un métier d’art à proprement parlé. Cette reconnaissance, c’est comme une première pierre à l’édifice. Depuis que j’ai gagné le Concours, les projets se concrétisent plus facilement ! De belles expositions sont en cours de préparation pour 2023.

 

Parlez-nous de la technique que vous avez développée ?

Je suis designer-tricoteur-sculpteur : j’imagine et je façonne des pièces qui sont des objets aussi bien que des vêtements. Je ne différencie pas une parure de corps d’un totem, dans le sens où la démarche est la même, même si la destination diffère. La technique que j’ai mise au point consiste à tricoter une série de plis que je sculpte en volumes, en tricotant mes pièces d’un seul tenant et sans jamais couper le fil. Je m’impose cette exigence de prouesse technique car c’est justement une des forces de la maille : il est possible de former le volume au moment même du tricotage. Et à partir de là tout est possible, c’est l’infinité qui s’offre à moi. Partir d’un fil pour former mes pièces, ça a quelque chose de magique, d’un peu sorcier même.

 

Où trouvez-vous l’inspiration pour vos sculptures « haute couture » ?

Mon inspiration est double pour les pièces que j’appelle « Hautes Sculptures à Porter ». D’abord il y a les comic books américains qui accompagnent mon développement créatif depuis toujours, et par ailleurs les mythologies et leurs iconographies sont aussi une source première d’inspiration. Bref, il s’agit en quelque sorte de créer des héroïnes des temps modernes.

 

Avant de remporter le premier prix national, vous avez été lauréat régional du Concours Ateliers d’Art de France de la région Hauts de France, comment percevez-vous la création métiers d’art dans votre région ?

J’ai eu la chance de pouvoir présenter la pièce sélectionnée pour l’édition régionale du Concours Ateliers d’Art de France au palais de l’Art Déco de Saint Quentin, lieu mythique et chargé d’histoire. Je trouve que la ville de Saint Quentin est très active sur le plan des métiers d’art, sur le soutien qu’elle leur apporte et à leur mise en lumière. Il y a un réel engagement de la ville, des élus et des acteurs culturels. Je regrette cependant que Lille reste plus timide sur le sujet. Je me tiens à la disposition de ma ville, de ses élus et de ses acteurs culturels pour en parler, il y a tant à faire pour faire briller nos savoir-faire !

 

Le Concours Ateliers d’Art de France vous offre un stand sur le secteur CRAFT – Métiers d’Art  au cœur du salon professionnel MAISON&OBJET* (19-24 janvier 2023), leader mondial de la décoration, qu’allez-vous y présenter ?

Pour le salon MAISON&OBJET* je vais présenter la continuité du travail que j’ai présenté lors du salon Révélations, en le poussant plus loin. Je présenterai donc une série intitulée « Khipus ». Les khipus sont une sorte d’alphabet numérique qu’utilisait les Incas et qui était formé à partir de fil. Il s’agit donc d’une série de totems aux formes différentes (rectilignes ou circulaires), objets de décoration en maille.

 

Pouvez-vous nous en dire plus sur la cible que vous touchez ?

Ma technique permettant de créer des pièces à destination différente, j’ai plusieurs cibles. Il y a les maisons de haute couture et leurs studios de création. Mais aussi les galeries (et en particulier les galeries textiles). Avec le salon MAISON&OBJET* actuellement je vais chercher à toucher les architectes d’intérieurs.

 

Depuis votre participation à Révélations, qu’est ce qui a changé pour vous ?

J’ai obtenu des commandes de pièces spéciales de la part de structures publiques, j’ai pu nouer des liens avec des maisons de couture qu’il va falloir développer lors de la prochaine édition et dans d’autres événements de 2023. J’ai commencé à travailler sur des collaborations, notamment avec le designer de luminaires Octavio Amado. Cela faisait longtemps que j’avais envie de travailler avec la lumière, et Octavio a très vite compris comment je travaille et il m’a proposé des structures lumineuses très inspirantes.

 

Le public aura également le plaisir de vous rencontrer à nouveau au Grand Palais Ephémère du 7 au 11 juin prochain à Révélations, quelles sont les pièces exclusives que vous allez préparer spécialement pour l’occasion ?

La série de Totems qui s’est transformée en Khipus pour MAISON&OBJET* va continuer de s’étoffer et d’évoluer. Je suis en train de tester de nouveaux fils, de nouvelles fibres pour enrichir cette démarche-là. J’ai aussi quelque part dans la tête l’idée d’une pièce unique, « monumentale ». Est-ce que cela sera le moment de concrétiser ce projet ? Venez me voir pour le découvrir !

 

* MAISON&OBJET est un salon organisé par SAFI, filiale d’Ateliers d’Art de France et de RX France


Vous aimerez aussi

Retour à la liste des actualités
magnifiercross